élection législative du 20 et 27 septembre 2020

9e circonscription du Val de Marne (Alfortville-Vitry)

A propos de la déprogrammation des 22 compagnies de théâtre au pôle culturel de Alfortville

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Cette semaine je suis allé avec Nina ma suppléante et les militants de la France insoumise dans de nombreux endroits d’Alfortville et de Vitry et j’ai rencontré de nombreux citoyens des deux villes. Ce matin, au lever, j’ouvre parmi mes mails l’article de Jean-Pierre Thibaudat sur le POC qu’un ami m’a envoyée – https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-thibaudat/blog/100920/22-compagnies-deprogrammees-du-poc-d-alfortville-et-hop. Je suis abasourdi. Maïté Rivière m’avait averti de son départ mais je ne savais rien des conditions de la déprogrammation de 22 compagnies hors de toute règle habituelle.

L’heure n’est pas au bilan, il reste une semaine jusqu’au vote de dimanche prochain. Mais les évènements de cette semaine se percutent et je ne peux rester muet. C’est la nécessité de dire qui me pousse à écrire et vous envoyer le billet ci-dessous.

« Il fut un temps où les municipalités construisaient du logement public pour résorber le logement insalubre sans sanitaire et les bidonvilles. On ne disait pas que les pauvres étaient un poids mais que chacun et chacune avait le droit de vivre sous un toit, d’avoir une chambre même partagée, de pouvoir prendre une douche chez soi. Aujourd’hui, je me promène dans les cités délaissées de la République, on me parle de cafards, d’ascenseurs en panne, de mal-propreté et de parties communes dégradées, de l’impression de vivre chez les voisins tant l’isolation phonique est faible, de coupures d’eau et d’électricité, d’attente sans espoir d’un logement où vivre sans surpopulation.Je connais le discours de ceux qui mettront en cause la responsabilité individuelle et je ne nie pas que cela existe. Mais dans ces quartiers j’ai essentiellement rencontré des personnes dignes à qui les pouvoirs publics jusqu’au président Macron faisaient vivre une situation indigne.

Il fut un temps ou l’Etat et les villes construisaient des théâtres. A l’époque, le ministre André Malraux disait en inaugurant la première Maison de la culture : « Il n’y a pas, il n’y aura pas de Maisons de la culture sur la base de l’État ni d’ailleurs de la municipalité, la Maison de la culture, c’est vous. » C’était le temps où l’on pensait que le peuple avait le droit au meilleur. Où l’on croyait que l’artiste était là non pour plaire mais pour enflammer et qu’à ce titre il devait être libre. C’était aussi le temps de l’aventure du TNP qui portait en banlieues ouvrières ce « luxe inaccessible » qu’était devenu le théâtre, né populaire puis confisqué. Cela fait quelques temps que j’observe la baisse des budgets de la culture, la volonté des élus de diriger le geste artistique ou de le conditionner. En pensant plus au « vu à la télévision » qu’à ouvrir à la découverte, à l’intelligence, à la sensibilité, à l’imaginaire. André Malraux voulait que le peuple dirige les Maisons de la Culture et aujourd’hui c’est à peine si les artistes ont la possibilité de dire leur mot. C’est à ce titre que je tiens à m’élever contre la déprogrammation de 22 compagnies au POC d’’Alfortville, sans même une compensation. Je veux leur exprimer ma solidarité d’artiste ainsi qu’à l’ex directrice du POC Maïté Rivière. Je comprends les difficultés des collectivités locales liées à la politique désastreuse d’Emmanuel Macron comme celles liées au Covid19. Cela n’explique pas l’absence de toute politique publique à tous les niveaux. Et je veux affirmer qu’en situation de crise ce n’est jamais le moment de baisser le niveau des exigences. Ni celui de mettre sur la paille 22 compagnies alors que les intermittents sont, avec les précaires parmi ceux qui souffrent le plus des mesures sanitaires nécessaires liées à l’épidémie.

Ce temps qui fut était issu de la Résistance et de son programme les Jours Heureux. Je ne suis pas un nostalgique et je ne souhaite pas de retour en arrière. Mais franchement, mettons-nous à construire les Nouveaux Jours Heureux.Cela dépend de notre engagement car ensemble il faut que nous réalisions la force considérable que nous pouvons avoir. Cela dépend donc aussi de moi. Je veux être ce député des Nouveaux Jours Heureux.

Christian Benedetti Candidat à la législative Alfortville Vitry investi par la France insoumise.