élection législative du 20 et 27 septembre 2020

9e circonscription du Val de Marne (Alfortville-Vitry)

Décrochage scolaire

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on telegram
Share on whatsapp
Share on email

Un professeur d’histoire d’Alfortville me disait qu’il avait vécu la pire rentrée scolaire de sa carrière. Il me faisait état de ses préoccupations pour ses élèves. Il n’est pas le seul à m’exprimer cette inquiétude. J’ai entendu les mêmes propos chez des enseignants vitriots. De la maternelle au lycée ils sont nombreux à être en colère et bien des jeunes aussi.

Ce n’est pas seulement la faute à une rentrée sous covid19 en zone rouge avec une impréparation et un manque de moyens manifestes. Et, cerise sur le gâteau, les masques non gratuits, ce qui serait, sanitairement, la moindre des choses.

Le ministre est dans le déni. Il vient de lancer un Grenelle pour l’automne mais chacun se rappelle la phrase : « Quand tu veux noyer le poisson, mets en place une commission. »..

Les parents d’élèves de la FCPE du Val-de-Marne réclament un plan d’urgence pour rattraper les retards d’apprentissage pris avec le confinement. Une proposition légitime balayée de nouveau, à la veille de cette rentrée, par la directrice académique..Beaucoup d’élèves n’ont pas encore été inscrits en maternelle où il est plus difficile d’identifier les familles qui ne sont pas encore entrées dans le circuit scolaire mais pas seulement, les lycéens sont aussi touchés. Il parait aussi que le nombre de place dans l’enseignement supérieur aurait été réduit, ce qui est sûr c’est que des bacheliers sont encore sans place à l’Université, des L1 sans Master.

Nous voulons, avec Nina Seron, exprimer notre solidarité à tous les enseignants, les personnels de l’éducation nationale, les élèves et leurs parents et leur souhaiter la meilleure rentrée possible et une bonne combattivité. Et je partage le billet de mon ami Nicolas Voisin, enseignant marseillais que je trouve très instructif. Il concerne les lycées professionnels mais l’analyse qu’il produit va bien au-delà.

Christian Benedetti, Candidat à l’élection législative partielle dans la 9e circonscription du Val de Marne / Alfortville-Vitry au nom de la France insoumise.

Et si les bons outils ne sont pas mis à notre disposition, nous saurons peut-être les inventer et les imposer ! .Comment renouer la confiance avec la jeunesse des LP après 6 mois d’éloignement ? Comment lutter efficacement contre le décrochage et pour la motivation scolaire et professionnelle ? Le SNUEP-FSU d’Aix-Marseille propose à tou-te-s les collègues de l’académie de se mobiliser dès la rentrée de septembre sur ces questions importantes du décrochage et de la motivation, et organisera en novembre une formation syndicale ouverte à tou-te-s les collègues intéressé-e-s par ces questions importantes. Nicolas Voisin SNUEP FSU, PLP Lycée Estaque – Marseille Coordinateur Académique SNUEP FSU.

Pendant toute la durée du confinement, le décrochage scolaire a obstinément été estimé par M.Blanquer « entre 4 et 8% », puis comme quasi nul en juin. Tous les observateurs lucides savent que ces chiffres sont largement sous évalués. Dans les Lycées Professionnels, le décrochage a été supérieur à 50%. Ce déni irresponsable a eu de graves conséquences dans la gestion de la situation. Il a interdit toute réflexion sérieuse sur les raisons de cette rupture massive du lien scolaire de la jeunesse populaire. Il a empêché toute mutualisation méthodique des rares expériences réussies et toute mobilisation coordonnée de l’institution scolaire. Il a conduit les équipes pédagogiques dans un profond désarroi mêlé parfois de culpabilité. Mais le choix du déni est aussi un choix politique. En effet, reconnaître la gravité de la situation dans les LP aurait obligé le Ministre à mobiliser des moyens plus sérieux que les gadgets pour la plupart inopérants inventés par ses services de Com’. Et surtout, cela aurait été l’aveu d’un bilan catastrophique des réformes de la Voie Professionnelle menées depuis 18 ans.

Pour le décrochage comme pour toutes les autres formes d’inégalités, le confinement a été le révélateur brutal d’une réalité profonde : la perte des repères et la démotivation scolaire des jeunes sont aussi le résultat de la baisse continue des moyens pédagogiques dans les LP, du brouillage du sens des qualifications professionnelles, et de la promotion des chimères de l’apprentissage. La crise n’est pas passée, l’épidémie se poursuit et la rentrée s’annonce aussi mal préparée que les épisodes précédents. Au SNUEP-FSU, nous serons vigilants sur ce qui sera mis en place. Mais nous serons aussi mobilisés ,en utilisant les outils disponibles pour accueillir tous ces jeunes que nous allons retrouver dans nos salles de classe après avoir été non seulement déscolarisés, mais également démoralisés socialement, démotivés dans leurs projets et exclus des liens sociaux qui se tissent à l’école.

Et si les bons outils ne sont pas mis à notre disposition, nous saurons peut-être les inventer et les imposer ! Comment renouer la confiance avec la jeunesse des LP après 6 mois d’éloignement ? Comment lutter efficacement contre le décrochage et pour la motivation scolaire et professionnelle ? Le SNUEP-FSU d’Aix-Marseille propose à tou-te-s les collègues de l’académie de se mobiliser dès la rentrée de septembre sur ces questions importantes du décrochage et de la motivation, et organisera en novembre une formation syndicale ouverte à tou-te-s les collègues intéressé-e-s par ces questions importantes.

Nicolas Voisin SNUEP FSU, PLP Lycée Estaque – Marseille Coordinateur Académique SNUEP FSU