élection législative du 20 et 27 septembre 2020

9e circonscription du Val de Marne (Alfortville-Vitry)

Lettre à propos des arts et de la culture

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L’art et la culture, nos hommes politiques les considèrent, au mieux, comme un ornement ou un moyen de se faire rayonner. Pourtant que seraient nos vies sans création ? Ce n’est pas pour rien que, même quand ils y ont renoncé pour eux, les parents souhaitent ce meilleur aussi pour leurs enfants ?

C’est en pensant à ce qui s’est produit pendant le confinement que j’ai choisi de porter, en tant que candidat à l’élection législative d’Alfortville-Vitry, la proposition que je développe dans la lettre ci-dessous.


Madame, monsieur,

Comme vous le savez, je me présente à l’élection législative du 20 septembre prochain, investi par la France Insoumise, sur la 9e circonscription d’Alfortville-Vitry.

Elu, je défendrai à l’Assemblée nationale une politique sociale et écologique alternative à celle d’Emmanuel Macron, je serai la voix aussi des alfortvillaises et alfortvillais, des vitriotes et des vitriots. Comptez sur moi pour vous défendre à l’Assemblée nationale et pour ne pas quitter le terrain de nos deux villes qui en ont bien besoin.

Plusieurs propositions me tiennent à cœur. Ici, je veux vous présenter l’une d’entre elles : Je veux défendre une proposition de Loi qui consacrerait 1% des richesses créées à l’art et la culture. Aujourd’hui, nous en sommes très loin, même pas à 1% du budget. Mon ami Edward Bond dit souvent : « Personne ne peut poser un regard sur une œuvre d’art sans se sentir plus libre ».

Oeuvres accompagnant cette lettre : P Colrat, C215, élèves du collège Henri Barbusse, Jean Dubuffet

À l’heure où l’on mesure l’utilité d’un secteur à son rapport à l’économie, il me semble indispensable de dire à nouveau qu’une civilisation se mesure aussi à son investissement dans des politiques publiques en faveur de l’art et la culture. L’art pour sa capacité à modifier nos regards et libérer notre imagination, nous ouvrir à l’autre, au partage, à la découverte, à l’hospitalité… l’art comme représentation du monde, comme effraction, la culture, pour ce que nous construisons en commun.

Rappelons-nous, pendant le confinement, nous nous sommes bien souvent tournés vers les œuvres, film, romans, chanson, musiques… Et pourtant ce secteur est, aujourd’hui, parmi les plus sinistrés bien que les actionnaires de nombres « d’industries culturelles » aient réalisé des dividendes souvent plus forts qu’en 2019. Réfléchissez à vous-même, à vos amis. Y-a-t-il beaucoup de maisons ou d’appartements sans qu’on y entende de la musique, que son habitant ait installé sur les murs ou dans une vitrine, une œuvre, sa reproduction ou un objet, inutile apparemment, mais qui aide, on ne sait pas toujours pourquoi, à vivre.

Et pourtant, au jour d’après, on continue, et Emmanuel Macron en premier lieu, à ne rien comprendre.

Je veux un déploiement de l’art partout, aider à sa circulation et à la rencontre des œuvres avec les habitants. Je m’élèverai toujours contre toute instrumentalisation de l’art. L’art ni les artistes n’ont pour fonction de cacher les dégâts humains dus au libéralisme, à la soif de profit, au déficit démocratique et à l’absence de politiques sociales et de justice. Ils ne peuvent pas même les réparer. Et si l’art est recouvert par le marché, alors le monde n’est plus l’espace de l’être humain.

Cela devrait se construire dès l’école avec les enseignements artistiques et la présence des artistes dans les établissements. Où en sommes-nous quand tout est précarisé et privatisé ?

Nous avons besoin de toutes les forces de la création pour faire exister une vie politique. Jack Ralite disait : « l’effondrement du politique entraîne l’effondrement du poétique » !

Les politiques doivent prendre leurs responsabilités. Il faut une parole politique forte, osant l’art et la culture comme intérêt général à l’intérieur d’un service public qui en permette à toutes et tous la possibilité et l’accès, osant parler de politique publique de la culture et rappeler ce qu’elle a été et ce qu’elle peut être dans ce nouveau contexte, osant des impulsions nouvelles.

Il faut aussi garantir l’indépendance et la totale liberté des artistes. Sans artistes libres, il n’y a pas d’œuvres. De tels choix ne se font pas sans moyens. C’est entre autres ce pourquoi, élu, je proposerai qu’1% des richesses créées soient consacrées à l’art et à la culture.

Christian Benedetti