élection législative du 20 et 27 septembre 2020

9e circonscription du Val de Marne (Alfortville-Vitry)

Lettre aux salariés de SANOFI

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Une bonne nouvelle dans la lutte contre la covid-19, pour nos vies et notre santé, des tests cliniques pour un vaccin ont été lancés par Sanofi, 7e groupe pharmaceutique mondial, associé au britannique GSK. Et c’est dans notre circonscription que Sanofi annonce la fabrication d’un milliard de doses en 2021. C’est un grand espoir surtout dans ce contexte de reprise de l’épidémie. Cette annonce a été faite sur France-Inter par Olivier Bogillot, pdg de Sanofi.

Une bonne nouvelle ne devrait pas arriver seule : il faut obtenir que le vaccin produit soit accessible à tous, gagner des embauches en CDI pour le fabriquer en totalité dans le groupe, maintenir dans le site Vitry-Alfortville, le bâtiment d’Alfortville- que le 3e groupe français au vu de l’importance de ses bénéfices – veut liquider d’ici la fin de l’année. L’Etat peut l’exiger, il verse chaque année 150 millions d’euros à l’entreprise au titre des crédits d’impôts. Tout cet argent, ce n’est pas pour fermer des sites et licencier, non ?

Laurent Ziegelmeyer, syndicaliste CGT du site Sanofi se réjouit de l’annonce mais est surpris de ses condition : les salariés de l’entreprise l’ont appris à la radio comme tout le monde : « C’est quand même ahurissant d’apprendre comme ça que le vaccin va être fabriqué sur son propre site ». Il s’interroge aussi sur le prix annoncé – 10 euros- alors que la pandémie est planétaire et que son éradication ne peut se faire qu’à cette échelle, humainement et sanitairement.

J’ai eu au téléphone Pascal Collemine, responsable CGT de Sanofi Vitry/Alfortville. Il attire notre attention sur le fait que l’entreprise vient d’anticiper la fabrication de composants du vaccin et intensifie les cadences des salariés puisqu’il est question de passer au 5/8 (journée, nuit, week-end). 113 embauches, c’est déjà cela mais notoirement insuffisant, sont aussi prévues, mais leur statut, emploi précaire ou CDI, n’est pas encore défini. Il redoute l’externalisation d’autres composants du vaccin et regrette la tendance de l’entreprise à expatrier le cœur du métier – le centre d’essais toxicologiques par exemple – en direction de sous-traitants pour ne garder principalement que des « projets » et les activités super rentables. Il nous informe qu’un Comité social économique de Sanofi Vitry va se tenir aujourd’hui et que les syndicats mettront ces points à l’ordre du jour.

Une bonne nouvelle donc mais si nous avions un pôle public du médicament nous serions mieux garanti que ce vaccin devienne un bien commun accessible à tous, produit dans des conditions dignes par les salariés.

Dans un précédent billet sur Sanofi (https://www.facebook.com/658423227888736/posts/1101883236876064/ ) je disais : « Si je suis élu député, je n’aurai de cesse de défendre notre indépendance pharmaceutique, l’intégration du « médicament » comme bien commun dans un pôle du médicament et non pas comme marchandise livrée à la voracité des financiers, de défendre aussi les sites de notre circonscription sur lesquels il y avait plus de 1600 salariés en 2006, et en 2020, 1200. Je revendiquerai, pour les salariés, le droit de donner son avis sur la stratégie de l’entreprise et le pouvoir d’en décider – eux pensent à l’intérêt général quand les actionnaires rêvent de garnir encore leur portefeuille. ». Ce que je maintiens bien évidemment.

Christian Benedetti, Candidat aux élections législatives investi par la France Insoumise, metteur en scène, directeur de théâtre.