élection législative du 20 et 27 septembre 2020

9e circonscription du Val de Marne (Alfortville-Vitry)

« Missak Manouchian au Panthéon »

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Madame, monsieur,

Comme vous le savez, je me présente à l’élection législative du 20 septembre prochain, investi par la France Insoumise, sur la 9e circonscription du Val de Marne : Alfortville-Vitry. Élu, je défendrai à l’Assemblée nationale une politique sociale et écologique alternative à celle d’Emmanuel Macron, je serai la voix aussi des alfortvillaises et alfortvillais, des vitriotes et des vitriots,

Comptez sur moi pour vous défendre à l’Assemblée nationale et pour ne pas quitter le terrain de nos deux villes qui en ont bien besoin. Plusieurs propositions me tiennent à cœur. Ici, je veux vous présenter l’une d’entre elles : Le transfert des cendres de Missak Manouchian au Panthéon.

Je créerai un Comité pour mener ce combat constitué notamment de mes amis Ariane Ascaride et Robert Guédiguian, des citoyens arméniens, des anciens résistants de notre circonscription qui souhaiteraient y participer, des parlementaires qui, quel que soit leur bord politique, souhaiteraient y consacrer un peu de leur énergie.

Pourquoi le transfert des cendres de l’homme venu d’Arménie, chef de l’Affiche rouge, fusillé au Mont Valérien par les nazis le 21 février 1944 avec les 22 membres de son Groupe, me tient-il à cœur ?Parce qu’aujourd’hui, il est temps. Que sait-on des membres du groupe Manouchian ? De ces étrangers et nos frères pourtant… Quand et où sont–ils honorés par la République ? On se plaint des dérives d’une société qui se disperse. À quoi joue-t-on ? Pourtant leur message est d’une pleine actualité. Il est d’abord le message de ceux qui ne renoncent jamais à la justice, à la liberté, à un idéal. Ils ne se sont pas engagés dans la Résistance seulement pour leur famille, la plupart l’avaient perdue, ou pour des privilèges, ils avaient été chassés de leurs maisons et privés de leurs biens. Clandestins, ils ne cherchaient pas la gloire. Missak Manouchian est leur symbole.

J’entends ceux qui diront que Missak Manouchian n’était pas français. Et alors ? Il serait le premier étranger à recevoir cet hommage de la République : « aux grands hommes, la patrie reconnaissante ». Enfin ! Et aucun texte ne l’interdit ! L’Arménie célèbre bien des français comme les leurs, pourquoi ne le ferions-nous pas à l’inverse ? Et rappelons-nous que la Révolution française distinguait nationalité et citoyenneté, que des citoyens américain, hollandais, suisse… avaient été élus députés. En 1871, Victor Hugo démissionna à la suite de l’invalidation par l’Assemblée nationale de l’élection de l’italien Garibaldi, qui avait défendu Verdun contre les troupes prussiennes. Au-delà du droit, c’est le peuple dans ses diversités d’origine qui forge notre pays.

Aujourd’hui plus qu’hier sans doute, je voudrais souligner combien la France est aimée par des femmes et des hommes qui s’y sont installés parce qu’ils le souhaitaient, parce qu’elle représentait pour eux bien plus qu’un emploi ou qu’une « adresse ». Ils ont dans la mesure de leurs moyens participé à la richesse nationale, à la culture et quand les circonstances s’y prêtent, défendent le pays qui les a reçus, parfois difficilement. Missak Manouchian, est à leur image.

J ’espère, et au fond de moi je sais, que beaucoup d’alfortvillaises et alfortvillais, des vitriotes et des vitriots seront avec moi dans cette bataille. Ce n’est pas pour rien que nos deux villes ont des rues au nom du groupe Manouchian et qu’ont été fusillés, avec les arméniens, polonais, hongrois, italiens, roumains, espagnols du groupe de l’Affiche rouge, deux de leurs camarades communistes vitriots et français, Georges Cloarec et Roger Rouxel.

Missak Manouchian, qui aimait écrire, notait : « Nous sommes de ceux dont l’âme est riche de nouveaux courants ». À la veille de son exécution, Missak Manouchian écrivait à sa femme : : « Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. ».

Nous allons le faire.

Christian Benedetti ,Directeur de Théâtre, candidat aux élections législatives d’Alfortville-Vitry.