élection législative du 20 et 27 septembre 2020

9e circonscription du Val de Marne (Alfortville-Vitry)

Rencontre avec les habitants de la cité Colonel Fabien

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Hier, nous avons, l’équipe de campagne, les insoumis de Vitry et Danièle Simonnet, conseillère de Paris, déambulé et fait du porte-à porte dans l’ensemble Colonel Fabien.

J’entends déjà les moqueries d’autres candidats sur la perte de temps d’aller dans une cité qui ne vote pas à plus de 90%, dans une campagne voulue courte par le gouvernement.

Mais d’une part je veux tenir ma promesse : tenter d’aller partout dans la circonscription rencontrer les citoyens. D’autre part, ce renoncement à ce que les quartiers les plus populaires votent, c’est bon pour ceux qui sont contents de la société telle qu’elle est et veulent conserver leurs privilèges. Mais pour ceux et celles qui aspirent à des changements, dans les domaines sociaux, écologiques, démocratiques, comment penser qu’ils peuvent advenir sans ceux et celles qui en ont le plus besoin ?

L’accueil à Fabien est chaleureux. D’abord parce qu’on ne les visite pas si souvent, pour les écouter. Bien sûr ils trouvent quelquefois un tract dans leur boite aux lettres, mais ceux qu’on a rencontré n’avaient pas vu de candidats chez eux.

Accueil chaleureux aussi parce qu’ils ont des choses à dire. Comme ce vieil homme qui parle de l’abandon de la cité par le bailleur et l’invasion des cafards. Comme cette mère célibataire de trois enfants qui avant la pandémie vivait de la garde d’enfants et se débat, sans travail maintenant, pour nourrir sa famille avec une poignée d’euros par mois. Et bien d’autres.

Le président Macron fait une loi contre le séparatisme de la République, mais je le dis franchement, le séparatiste c’est lui qui abandonne des pans entiers de notre République.

Impossible de raconter toutes ces portes qui s’ouvrent, les enfants adorables, beaux avec des grands sourires, les parents qui parlent et nous écoutent et ces échanges qui se tissent. « Qui fait quelque chose pour nous ? », « Les promesses sont-elles faites pour être tenues ? », « Les riches ne lâcheront rien ! » Il faut prendre au sérieux toutes ces interrogations parce qu’elles sont basées sur l’expérience. Déjà discuter fait du bien et écorne un peu le fatalisme. Et puis il y a nos arguments et surtout : « Qui changera l’ordre des choses si ce n’est vous ? ». Pas sûr que tous et toutes regagnent la force d’aller voter – parce que oui, ça ne suffit pas à certains de voter par devoir, ils cherchent quelle peut en être l’utilité, le sens. J’ai la conviction qu’il faut aller dans les quartiers populaires, qu’on y apprend beaucoup, et surtout y retourner.

Et puis, il y a cette une vieille dame de 83 ans, toute petite, fragile, pas rassurée qui nous ouvre. Elle nous dit que la politique ne l’intéresse pas, que c’est une affaire d’hommes, qu’elle n’y comprend rien. « Ça vous plaît à vous, à moi non, beaucoup trop de mensonges ». Elle raconte qu’à 13 ans, elle était bonne, « alors vous comprenez ? », elle n’a pas fait d’études. Elle nous répond que ses fils, c’est pareil. Elle dit « ça fait longtemps que personne n’a rien fait pour moi » Nous lui racontons brièvement l’histoire des combats et conquêtes féministes. Et aussi comment s’est gagnée la sécu. Elle reconnait qu’effectivement si on ne vote pas ce sont les autres qui décident. Mais nous la sentons lasse et nous laissons la porte se refermer sur son sourire et sa conclusion : « c’était une bonne soirée ».

Je veux finir ce billet quotidien par un point sur mon initiative d’un débat public dans la circonscription réunissant tous les candidats. Je ne l’ai pas fait pour la gloriole mais parce que je pense que ce serait formidable d’y arriver pour que chaque citoyen dispose d’éléments issus du débat contradictoire pour se faire son opinion. Seuls Fati Konate, Sandra Regol et Jonathan Rosenblum l’ont accepté, et encore pour certains sous conditions. Isabelle Santiago, candidate du PS ne répond pas. Je veux dire que pour ma part, je bloque jeudi soir prochain pour que cela soit encore possible.

Christian Benedetti, Candidat à l’élection législative partielle dans la 9e circonscription du Val de Marne / Alfortville-Vitry au nom de la France insoumise.